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mardi 21 octobre 2008

Mes sens me trompent ? ou bien...

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L'autre soir, je monte dans ma voiture en sortant du boulot (NON, IL N'Y A PAS DE TRANSPORTS EN COMMUN) et la radio (France-Inter) se met en route en même temps que le moteur. J'entends alors :

"j'ai donc décidé de rencontrer le spécialiste du temps triste"

aussitôt intéressée (ah, ça, au moins, ça sort de l'ordinaire !!) je monte le son et j'écoute le type raconter qu'il va se déplacer en Inde (en plus, c'est exotique - j'ai la vision du vieux Maharishi Mahesh...) pour rencontrer le spécialiste du... TANTRISME.

Imaginez ma déception ! Le temps triste m'évoquait tant de choses poétiques (et, je ne sais pourquoi l'univers du dessinateur de BD Fred...). bon, le tantrisme, c'est exotique aussi, mais, là, j'étais pas intéressée...

Mon ouïe me déçoit, c'est prouvé, mais ma vue également...

Je lis parfois très vite et de manière globale (bien que trop vieille pour avoir subi la méthode globale d'apprentissage de la lecture) et il m'est arrivé de lire :

- un site beau et éléphant (pour élégant)

Hier, lors d'une pub pour Always, j'ai lu endive d'Always, ce qui m'a paru bizarre (endive pour envie !!).

Toujours hier, j'ai reçu un e-mail en anglais où une collègue me souhaitait a lonely long weekend, ce que je n'ai pas trouvé très sympa ! A la relecture, j'étais rassurée, elle me souhaitait un lovely long weekend.

J'avais d'autres exemples, mais ma mémoire, hélas, est parfois défaillante, elle aussi...

Là, ce n'est plus un sens, mais une option réservée à l'être humain - la parole intelligente (non, non, je suis sérieuse, j'ai bien écrit intelligente) - qui me trahit régulièrement. Je suis une adepte inconditionnelle, bien malgré moi, du lapsus linguae, révélateur ou pas. Bref, je ne peux pas toujours compter sur les mots qui sortent de la bouche.

Je travaille dans un milieu international où nous passons allègrement du français à l'anglais et régulièrement, je me retrouve à saluer les personnes que je croise d'un "salo" (salaud ?) amical et retentissant (mix malencontreux entre salut et hello) !

Il m'est déjà arrivé de dire "allez" en décrochant le téléphone...

et une autre fois (une seule fois !), de raccrocher en disant "au revoir beaucoup" (rassurez-vous, ce n'était pas le même interlocuteur !!)

tout cela déclenchant l'hilarité de mes collègues, évidemment...

Mes enfants, eux, me comprennent très bien (bien obligés, les pôvres !) et quand, une fois, j'ai eu le malheur de dire "on va attendre le camion de France-Inter", mon fils a très vite traduit par "on va attendre le car de Milly".

Comme quoi, ce n'est qu'une question de fine-tuning (argh! ce bilinguisme parasite... qui fait que parfois le mot exact que l'on cherche est précisément dans la langue que l'on n'est pas en train d'utiliser...).

A cela, on peut ajouter toute une série d'actes manqués du style : pantalon devant derrière juste le jour d'un entretien pour un job (problème découvert quelques minutes avant la rencontre, ouf !), RV honoré avec un mois d'avance (!!), et toutes ces petites ... , ces petits... (que dire : erreurs? actes manqués ? distractions ? ...) qui font les joies de mon existence.

Ici, tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le lapsus...

Bref, tout ça m'a fait penser à cette chanson que j'adore (va savoir pourquoi !!)... version originale et version filmée avec une chorégraphie décoiffante de Philippe Découflé...
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Discover Bourvil!






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mardi 5 février 2008

Où il est question de gendarme, de ver blanc et de mollusque

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Certains mots (me) font rêver par leur sonorité... Non, pas ceux qui précèdent !

Il est surprenant de voir que les mots liés au langage et à la linguistique présentent un charme indéniable. Leur sens en est souvent obscur, mais leur intérêt poétique réel (surtout pour les 2 premiers et le quatrième). Le troisième (zeugma) me fait penser à zygomatique, lequel m'entraîne aussitôt vers gymnastique, ce qui n'a aucun rapport. Et cela m'entraîne, on ne sais comment vers la tagadatactique du gendarme, oeuvre immortelle faisant partie de l'apport génétique de mes parents.

didascalie
(féminin, du grec didaskalia, « enseignement, notice, instructions [sur la manière de jouer les pièces] ») Dans un texte de théâtre, les didascalies sont des indications scéniques fournies par l'auteur sur le jeu des acteurs.

écholalie (ou échophrasie, plus compréhensible, mais moins évocateur)
Tendance spontanée à répéter systématiquement la fin des phrases, habituellement de l'interlocuteur, en guise de réponse verbale. L'écholalie fait partie d'un trouble du langage.

zeugma (ou zeugme, ou encore « attelage »)
(masculin) Un zeugma est une liaison syntaxique entre deux mots ou groupes de mots, dont un seul se rapporte au verbe.
masculin (du grec ζεῦγμα / zeûgma, « joug, lien ») Il s'agit d'un procédé de construction syntaxique pouvant être considéré comme une figure de style.
(zeugma me fait penser à un ver blanc, pourquoi ???)

Quelques exemples :
  • « Vêtu de probité candide et de lin blanc. » (Victor Hugo). Il s’agit ici d’un cas particulier, l’attelage.
  • « Sous le pont Mirabeau coule la Seine, Et nos amours. » (Guillaume Apollinaire)
  • « Après avoir sauté sa belle sœur et le repas du midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane » (Pierre Desproges) (double zeugma)
  • « Ah, Ah! dit-il enfin en Portugais et en lui-même (car il connaissait les trois langues...»
  • « Il parlait en anglais et en gesticulant. » (Frédéric Dard)
  • « Il lui fit l'amour et des zeugmes au plat. » (Hervé Le Tellier)
  • « J'y ai laissé ma jeunesse et ma moto. » (Indochine)
  • « Les moutons suivaient le berger, et le berger le fil de ses pensées. »
  • « Ils s'enfoncèrent, l'un dans la nuit, l'autre un clou dans la fesse droite. » (Pierre Dac)
  • « Il prit son chapeau et la porte. »
  • « Retenez cette date et une place dans le train. »
  • « Il prit un café et un train. »
  • « Il faisait nuit, et moi du vélo. »
Certains jeux de mots semblent être des zeugmes, mais n'en sont pas : « Un meuble en bois et Empire ».

Et là, tout devient plus compliqué :

Dans le cas où l'incompatibilité est d'ordre grammatical, par exemple quand on associe un verbe transitif et un verbe intransitif à un même complément, il s'agit plutôt d'une anacoluthe.

anacoluthe (pour moi, c'est plutôt un mollusque style bernard l'hermite)
L’anacoluthe (ou anacoluthon) est une figure de style qui, par une rupture voulue de la construction syntaxique, conserve non seulement le sens, la facilité de compréhension mais apporte aussi un avantage à l’expression.
(lisez l'article entier anacoluthe sur wikipédia - vous en sortirez transformés !)

Surfant sur la vague Internet (cette expression semble maintenant bien archaïque), j'ai trouvé tout plein de choses à revoir, à apprendre sur la langue française sur ce site canadien. L'humour y est présent, mais aussi la rigueur indispensable à un français châtié.

A suivre...
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